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ZAMBIE, A QUI PROFITE LE CUIVRE ? 14.06 au Nouveau Latina

jeudi 7 juin 2012, par Abla Kandalaft

La prochaine projo du FIFDH Paris :

Cette projection est organisée en partenariat avec la revue Altermondes, à l’occasion de la parution de son numéro Rio+20 : à quand le développement durable ?

ZAMBIE, A QUI PROFITE LE CUIVRE ?
Un film de Audrey Gallet & Alice Odiot
Productions Yami 2 avec la participation de France Televisions
2011 / 52 min / Prix Albert Londres 2012

En mai 2011, la plus puissante société de négoce de matières premières, « Glencore », ouvre une partie de son capital aux bourses de Londres et Hong-Kong, rompant avec 37 ans de tradition du secret. La multinationale espère ainsi dégager entre 9 et 11 milliards de dollars. C’est la troisième plus grande introduction en bourse jamais réalisée en Europe. Le géant suisse, premier fournisseur de cuivre au monde, exploite l’or rouge de Zambie. La mine de Mopani est sa plus importante source directe de cuivre. Pourtant, depuis dix ans, elle est déficitaire et ne paie plus d’impôt sur ses bénéfices à la Zambie, un des pays les plus pauvres du monde. La méthode d’extraction, financée avec des fonds d’aide au développement, est efficace mais extrêmement dangereuse. Un groupe d’habitants a choisi de se battre : ils veulent porter plainte contre Glencore et mettre fin à la pollution qui ravage leur ville. Savior Mwambwa, un économiste zambien, et une activiste française vont les aider à réunir les preuves qui permettront l’ouverture d’un procès. Tout au long de leur enquête, de la Suisse à l’Afrique, ils ont également réussi à prouver une évasion fiscale à grande échelle.
En avril 2011, cinq ONG ouvrent un procès à l’encontre de Glencore pour violation des principes de l’OCDE...

La projection sera suivie d’un échange animé par Altermondes, Marie Chéron de l’association 4D et Ronack Monabay, Chargé de Campagne Institutions financières internationales au sein de l’association Les Amis de la Terre.

Q Quelles sont vos impressions suite au film ?

Marie Chéron : Ca montre bien qu’on est loin du compte. On a besoin d’une régulation face à des acteurs économiques qui se permettent tout. C’est un peu David contre Goliath. Vu que les ressources se font rares, ces cas-là ne sont pas prêts de disparaître. En plus, cela pose une problématique pour l’Europe. Ca nous place dans quelle position en tant qu’Européens et premiers exploitants de ces ressources ? Nous devons apprendre à changer nos habitudes, à être plus économes.

Q Y a t-il des points positifs malgré tout ? Les choses bougent-elles ?

MC : Toutes ces personnes que l’on voit dans le film sont conscientes des choses et agissent. Il faut créer des réseaux internationaux pour contrer ces acteurs invisibles.

Q Quoi de neuf depuis le film ?

Ronack Monabay : Le rapport d’audit qui montre des preuves contre Glencore a été publié et une cinquantaine de députés ont contacté la Banque Européenne d’Investissements (BEI) qui a banni Glencore des emprunts le temps de l’enquête. Mais cette enquête est interne et assurée par les salariés de la BEI donc c’est un peu la "police des polices". Le cas judiciaire que l’on montre dans le film où Glencore aurait été traîné en justice en Angleterre a été interrompu car il était trop compliqué de mettre en évidence les liens entre les différentes filiales à travers le monde.

MC : De plus, l’opposition politique en Zambie a fait des avancées et il y a des renégociations de contrats miniers. Ce sont de petites victoires. Mais la BEI continue d’investir dans des projets sous couvert de développement durable comme Desertec qui permettrait aux entreprises d’acheter des pans entiers du Sahara. Le cas de Mopani est emblématique de la stratégie d’accaparement des ressources par l’Europe.

Q Pourquoi la redevance est - elle de 0.6 % et pas de 3 % ?

RM : Déjà 3% c’est la moyenne, mais c’est en soi ridicule. Les multinationales ont un pouvoir énorme par rapport à l’Etat zambien. Ils ont un monopole à tous les niveaux même par exemple sur les informations qui concernent leurs usines : ils ont construit des dispensaires à l’intérieur de l’usine pour traiter les malades et du coup ne laissent aucune information les concernant s’échapper.

Q Comment faire en sorte de créer une organisation qui empêche ce genre d’abus ?

MC : Aujourd’hui il n’y a pas de système de contraintes aux Etats. Le seul, c’est l’OMC, qui répond aux entreprises et pas aux intérêts communs planétaires.
On a besoin d’un système juridique au-dessus des états pour sanctionner ce type de pratiques.
Il y a des projets de renforcer le PNUE qui aurait un droit de sanction mais ça créé encore un satellite déconnecté. Or, on a intérêt à créer quelque chose au sein de l’ONU. Cette position est soutenue par la France mais a disparu des textes de Rio.

RM : Il y a aussi des craintes que les entrerpises ne rentrent au PNUE et contrôlent les actions via des lobbies. C’est pour cela que "l’économie verte" est si floue. C’est la porte ouverte aux entreprises pour "verdire" leurs politiques, citons par exemple les marchés de carbone.
L’ONU c’est ce qu’on a de moins pire donc on essaie de travailler sur des dynamiques en interne. Il y a un projet d’Organisation Mondiale de l’Environnement qui est en cours de formation mais de nouveau c’est trop satellitaire. Et la banque mondiale est intéressée, donc ce ne serait que des systèmes financiers pour faire de l’environnement.

Q Quelles sont les attentes de Rio ?

MC : On est en prénégociations. Depuis 1992, il y a eu beaucoup d’engagements mais rien de concret. On voulait une clause dans la déclaration qui engage plus les Etats. Il y a des projets de renforcer le PNUE et d’en faire une agence, de préparer une feuille de route qui relancerait les négociations plus rapidement avec des échéances plus rapprochées. On veut introduire de nouveaux indicateurs, autres que le PIB : bien - être et santé entre autres.

RM : On parle aussi de réaffirmer la responsabilitié différenciée mais beaucoup de pays ont peur et préfèrent des démarches volontaires. Enfin, il y aura un Sommet des peuples pour discuter de tous ces engagements.

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