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Q and A Paris Cinéma 2011

Friday 29 July 2011, by Abla Kandalaft

Q & A autour des films de la compétition
de la 9ème édition du Festival Paris Cinéma

La Ballade de Genesis et Lady Jaye – Rencontre avec la réalisatrice Marie Losier

Q : Comment s’est passé votre rencontre avec Genesis ?

A : Je n’avais jamais entendu parler de Genesis avant de la découvrir lors de l’un de ses concerts. Peu de jours après et complètement par hasard, je l’ai rencontré à un vernissage. Elle m’a alors proposé de la suivre sur sa tournée et de les filmer.

Q : Comment avez-vous réussi à garder votre identité de réalisatrice face à de telles personnalités ?

A : J’ai choisi de les accompagner avec une caméra légère et discrète (Rolex 16 mm), cette caméra qui n’enregistre pas le son permettait de moins les intimider. Genesis a bien sûr eu l’idée et dirigé certaines scènes, les plus fantaisistes du film. Mais pour le reste, une confiance entre nous s’est installée et elles ont fini par oublier la caméra.

Q : Le tournage du film a duré 7 ans, comment cela s’est-il déroulé ?

A : Il n’y avait pas de budget pour faire ce film. Je travaillais à plein temps à côté pour le financer et acheter de la pellicule. En dehors des scènes de la tournée, où je les ai suivies intégralement, Genesis et Lady Jaye m’appelaient pour que je vienne filmer des scènes de leur quotidien. Parfois c’était moi qui prenais l’initiative. Cette durée de tournage m’a appris à être têtue et m’a permis beaucoup d’expérimentation au fil du temps. Le montage a lui duré un an. J’ai ajouté à mes images des images d’archives de Genesis.

Sur la planche – Rencontre avec la réalisatrice Leïla Kilani

Q : Votre film est baigné de naturalisme mais l’on retrouve aussi beaucoup de codes du polar …

A : Je suis une dingue du polar et du film noir, et j’aime déconstruire et jouer des codes d’un genre de manière irrévérencieuse. Le polar est, je pense, le style qui s’adapte le mieux à Tanger, de par son urbanisme et ses mythes. Par ailleurs, Tanger est une ville à laquelle je suis très liée, c’est la ville de mon imaginaire… Tout ça est à la base de mon film.

Q : Votre film fait beaucoup penser à ceux des frères Dardennes et de Pialat, sont-ils des références pour vous ?

A : Oui, surtout Pialat, le néoréalisme italien, Pasolini, … des films qui s’interrogent sur la mise en scène.

Q : Vos quatre comédiennes ont une interprétation très « rock », comment les avez-vous choisies ?

A : Le casting a été très long, environ 3-4 mois, j’ai vu une centaine de filles en tout ! Je cherchais des individualités. Après avoir trouvé les actrices séparément, il y a eu un long travail de préparation afin qu’elles composent un réel quatuor punk.

Q : Sur quoi diriez-vous que votre film repose ?

A : C’est un film sur l’amitié. Les individus, tout comme la ville, sont en transition. L’autre, l’ami, peut être un embarras mais permet aussi de se construire. Or, mon personnage principal Badia, lui, n’évolue pas, ce qui est rare dans les constructions narratives classiques. C’est un personnage obtus auquel on peut s’identifier, son double lumineux est Inane, une éponge qui absorbe.

Q : Pourquoi le choix de la voix-off ?

A : Dans tous mes films il y a des voix-off. Je suis une littéraire contrariée ! J’aime la voix-off qui ne vient pas en illustration mais qui vient contaminer le film, l’image… On a beaucoup travaillé sur le parlé du personnage, un parlé âpre, hybride du Coran et du rap marocain, qui caractérise si bien Badia.

Curling – Rencontre avec le réalisateur Denis Côté

Q : Votre film est un peu un portrait de personnages en marge…

A : C’est au cœur de tous mes films. Je n’aime pas trop le terme de marginal. Il y a beaucoup de gens comme ceux de mon film, qui vivent dans une bulle de crainte, dans leur propre monde. Mes deux personnages, eux, vont être confrontés à la mort pour aller vers la vie. Il y a dans ma mise en scène du suspens, des fausses pistes comme celles des motards morts, tout ça pour recréer un monde. J’ai voulu faire un film calme et mystérieux sur des gens qui reviennent à la vie.

Q : Les acteurs sont comme leurs personnages père et fille dans la vie, est-ce voulu ?

A : Emmanuel Bilodeau est très célèbre au Québec. Quand il a lu le scénario, il a proposé de le faire avec sa fille. Elle est dans la vie elle aussi rêveuse, le regard absent, ce qui m’a plu. Je trouve qu’elle apporte une bonne énergie au film.

Q : Votre film a été inspiré par La Nuit du chasseur, est-ce que d’autres films sur l’enfance vous ont marqués ?

A : Je ne regarde pas trop les films sur l’enfance, mais j’apprécie plutôt ceux qui sont réalistes avec des enfants dans un monde d’adulte.

Q : Pourquoi ce tigre dans le film, repris aussi sur l’affiche ?

A : Le tigre, c’est un peu le motif de la captivité. En général, j’essaie de faire le moins de métaphore et d’allégorie possible au cinéma. Ce tigre, c’est comme une chose donnée exclusivement à la petite fille, la seule chose qui peut la faire rêver. D’ailleurs, le titre du film Curling, est ironique. Ce sport supposé ennuyeux est la seule chose qui fait rêver le père.

The Prize – Rencontre avec la réalisatrice Paula Markovitch

Q : Comment est né ce film ?

A : L’histoire est en partie autobiographique. Il y a beaucoup de choses que raconte le film qui me sont arrivées et j’ai voulu partager certains de mes souvenirs, des souvenirs, petite, de sensations/sentiments de confusion, que l’on oublie quand on est adulte.

Q : Votre film est aussi basé sur un fait historique, la disparition des opposants politiques en Argentine. Comment a-t’il était reçu, est-ce encore tabou ?

A : Je ne pense pas que ce soit tabou, mais il règne une certaine lassitude à l’égard de ce sujet. Une partie de la jeunesse à exprimer cette lassitude, une autre a été émue par le film, d’autant qu’il prend un angle assez singulier : le point de vue d’un enfant d’à peine 8 ans sur ce moment de l’histoire de l’Argentine. Et je pense aussi qu’au delà du thème politique, il y a quelque chose d’universel dans ce film, auquel on peut s’identifier, le sentiment de disparition.

Q : Vous êtes aussi scénariste du film, comment avez-vous appréhendé l’écriture ?

A : Je suis avant tout écrivaine. J’ai beaucoup étudié et j’ai toujours considéré le cinéma comme de la littérature. La différence c’est qu’au cinéma on travaille en groupe, il y a une collaboration avec les comédiens et l’équipe technique que l’on ne retrouve pas ou peu dans la littérature. Pour ce film, par exemple, mon compagnon a écrit la musique en même temps que moi le scénario. Le directeur de la photo avait donc la musique en boucle lors du tournage, ce qui donne une belle unité au film.

Q : Comment avez-vous rencontré la jeune actrice ?

A : La rencontre a été un miracle ! Je voulais travailler avec les enfants de ce village où j’avais vécu et où a été tourné le film. Ils connaissaient le paysage et y étaient à l’aise. Un an avant le tournage, j’ai fait des ateliers avec les enfants de la classe sans la future Cecia. 20 jours avant le tournage, je n’avais toujours pas trouvé la jeune comédienne, on a donc fini par faire un casting. On a rencontré 15 jeunes filles, et elle s’y trouvait. J’ai tout de suite eu confiance en elle.

Q : D’où vous est venu la scène de « l’enterrement des livres » ?

A : Ma famille le faisait régulièrement, les garder pouvait entrainer la mort. Et petite, j’aurai voulu que mes livres méritent eux aussi d’être enterrés….

La Guerre est déclarée – Rencontre avec la réalisatrice Valérie Donzelli et le co-scénariste Jérémie Elkaïm

Q : Quelle est la genèse de ce film ?

V. D. : L’histoire est inspirée de ce que nous avons vécu, un jeune couple dans le devenir de leur vie et qui vont traverser cet événement, la maladie de leur enfant.

J. E. : On a cherché un angle spécial sans tomber dans la complaisance et le pathos, et on a choisi celui d’une histoire d’amour. C’était l’occasion de faire un film plein d’idéal. On est d’une génération qui manque d’idéaux, de combats à mener qui permettent de s’épanouir. Et ce couple traverse ce combat.

V.D. : Le plus dur c’était de faire un film positif et romanesque, d’où le choix des noms des personnages Roméo et Juliette et de leur terrible destin. On ne voulait pas mettre de suspens sur la mort de l’enfant. Le film démarre avec l’enfant à l’âge de 10 ans, le reste du film étant en flash back, pour ne pas prendre le spectateur en otage.

Q : Le film a été tourné avec un appareil photo numérique, pourquoi ce choix ?

V. D. : On a utilisé un appareil très sensible et discret pour filmer dans la rue. Avant ce film, le musée de la poste m’avait commandé un court-métrage où j’avais pu le tester et j’ai été conquise. Dans ce film, ça nous a permis de filmer dans les hôpitaux et en petite équipe.

Q : Comment fonctionne votre duo ?

J. E. : Valérie est le moteur. Elle créé et a toutes les idées. Moi je suis le contrepoint, on échange les idées à tous les niveaux de l’écriture au tournage.

V.D. : Jérémie apporte aussi sa touche et c’est notamment lui qui s’est occupé des choix des accompagnements musicaux du film.

En secret - Rencontre avec la réalisatrice Maryam Keshavarz

Q : Votre point de vue sur la société iranienne est particulier, pouvez-vous nous en parler ?

A : Je suis originaire de la ville de Shiraz et j’y ai passé une grande partie de ma scolarité, jusqu’à ce que je m’installe aux Etats-Unis. Mais j’ai continué de revenir régulièrement en Iran. C’est de là que vient mon point de vue sur cette histoire, de quelqu’un qui fait des allers retours, et qui n’est pas un point de vue directement et purement iranien.

Q : Cette histoire de famille vous a t’elle été inspirée par la vôtre ?

A : Le cœur de ce film réside dans la famille, des manières dont le frère et la sœur réagissent différemment à une même situation. Et sur la façon dont un régime répressif peut détruire une famille. Quelques éléments viennent de mon propre vécu comme le personnage de l’ancien drogué inspiré de l’un de mes cousins. Mais l’ensemble est majoritairement fictif.

Q : Ce film est très critique envers le gouvernement iranien actuel, comment s’est passé le tournage ?

A : Le film a été tourné au Liban, d’ailleurs je n’ai jamais envisagé de le tourner en Iran. Je ne voulais pas supporter les contraintes du régime qui auraient pu être importantes, notamment en raison des scènes sexuelles et de fantasmes. Les comédiennes principales et moi-même ne pouvons plus y retourner maintenant, alors qu’ils nous l’été possible auparavant, mais nous ne regrettons rien.

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